1 – Taux de renouvellement et taux de brassage : quelles différences ?
Ces deux grandeurs partagent une finalité commune : quantifier le nombre de fois où le volume d’air est intégralement renouvelé dans une pièce sur une durée d’une heure.
Ce paramètre aéraulique fondamental correspond à un débit spécifique exprimé usuellement en volumes par heure (vol/h ou h-1).
La divergence réside dans la nature du flux introduit :
Dans le cas du taux de renouvellement d’air, l’air insufflé est exclusivement de l’air neuf capté à l’extérieur. À l’inverse, pour le taux de brassage, l’air distribué est constitué en tout ou partie d’un flux recyclé issu d’une reprise d’air filtrée et retraitée thermiquement.
L’apport d’air neuf extérieur garantit une atmosphère saine, non polluée et dotée d’une concentration d’oxygène optimale. En environnement de laboratoire, ce balayage a pour objectif prioritaire de diluer et d’évacuer les contaminants gazeux, aérosols et charges thermiques qui ne sont pas captés à la source par les sorbonnes.
En contrepartie, le maintien d’une ventilation d’air neuf contrôlée permet de :
- Maintenir constante la teneur en oxygène au sein des postes de travail ;
- Limiter la concentration en CO2 et en polluants bio-émis par les occupants ;
- Réguler l’hygrométrie ambiante et dissiper les odeurs résiduelles.
La détermination précise du taux de renouvellement d’air ou du taux de brassage constitue le préalable indispensable pour dimensionner la centrale de traitement d’air (CTA), le réseau aéraulique et les organes de régulation associés.
2 – Calcul du taux de brassage
3 – Ordres de grandeur et taux usuels de brassage
Les valeurs de taux de brassage sont directement dictées par la fonction technique assignée au système de traitement d’air :
Lorsque le flux entrant a pour unique vocation d’assainir et de renouveler l’air intérieur, le taux requis oscille généralement entre 0,5 et 2 vol/h. On parle alors indifféremment de taux de renouvellement d’air ou de taux d’aération hygiénique.
En environnement contrôlé, le taux de brassage minimal d’un laboratoire est conventionnellement fixé entre 7 et 10 vol/h, et peut atteindre jusqu’à 100 vol/h dans les salles propres haute criticité (ISO 5 ou supérieure).
Ces ratios restent indicatifs : les apports thermiques sensibles, les charges latentes (humidité) et la densité d’équipement font varier ces dimensionnements de manière significative.
Ainsi, en conditionnement d’air tertiaire, un régime de 5 à 10 vol/h absorbe couramment les bilans thermiques classiques. En présence de densités thermiques exceptionnelles (data centers, baies serveurs), un taux de brassage de 20 vol/h est fréquemment délivré par les armoires de climatisation de précision.
Débits minimaux d’air neuf réglementaires par occupant
Prescriptions légales fixées pour les locaux à pollution non spécifique ventilés mécaniquement, conformément à l’article R4222-6 du Code du travail (source : Légifrance) :